Singapore / Janvier 2020
Dans le monde des affaires, le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise.
Si le passé était le seul facteur à prendre en compte en investissement, les historiens seraient tous riches.
Warren Buffet
Lagarde ne se rend pas
"On sera plus content d'avoir un emploi plutôt que d'avoir une épargne protégée."
Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE)
30 octobre 2019
- en diffusant des technologies intrusives comme la reconnaissance faciale, la mise en cause des messageries cryptées
- en mettant en place les monnaies numériques (voir ci-dessous),
- en renforçant le contrôle des capitaux, impossible d'acheter des ETF américains en France, depuis le 1/1/2018 à cause de la loi PRIIPS (Packaged Retail Investment and Insurance-based Products).
Est-ce pour notre bien ?
Le dollar ou le yuan ?
Les Etats-Unis ont une position dominante majeure sur toute la sphère écononomique et ont des leviers très forts pour faire plier les prétendants au titre. Leur dollar est adossé aux complexes industriels et financiers qui ont la mainmise sur l'économie mondiale. L'existence de l'extraterritorialité des lois US consolide cette prééminence.
Voilà pourquoi l'indicatif téléphonique international de la France est le 33, et celui des Etats-Unis est le 1.
Aujourd'hui les monnaies fortes sont le dollar, le franc suisse et dans une moindre mesure l'euro. Tous les quantitative easing déployés depuis des années inondent le monde de liquidités.
Les monnaies numériques
La Chine déploie à marche forcée le Yuan numérique, l'Europe annonce l'Euro numérique et le Japon le Yen numérique.
Ces monnaies seront basées, comme le bitcoin, sur la technologie des blockchains, pour une sécurité maxima des transactions.
Mais on va assister à une centralisations des données de transactions au niveau des banques centrales, avec un registre centralisé qui va colliger toutes les opérations financières du pays.
Finis les billets de banque, les pièces, les chéquiers. Le citoyen numérique paiera avec sa carte bancaire ou bien avec la reconnaissance faciale comme déjà en Chine. Ce pays est en train de sortir la main de fer de son gant de velours pour mettre au pas ses propres industries numériques. Le gouvernement chinois a bloqué l'IPO (Initial Public Offering) de la société chinoise Ant Financial, propriété de Jack Ma (fondateur d'Alibaba) qui devait valoir 35 milliards $. Elle a été sursouscrite plus de 800 fois, ce qui montre l'intérêt des marchés pour cette IPO. Il est sûr que le parti communiste n'a pas supporté que Jack Ma comparent les banques chinoises à des prêteurs sur gage et il veut reprendre la main sur l'empire financier qui semblait lui échapper.
Avec ces monnaies numériques le citoyen subira une transparence totale de sa gestion financière et le pouvoir connaitra toutes ses dépenses et ses revenus. Les libertés vont en prendre un coup.
Il suffira aux Etats de déclarer démonnaitisés les billets jusqu'alors utilisés, et on basculera immédiatement dans un monde numérique obligatoire et dangereux.
Euro numérique et monnaie fondante : catastrophe en vue
Le Parlement européen donne son feu vert au lancement du projet d'euro numérique, en votant favorablement le mardi 23 juin 2026.
La mise en place est prévue pour 2029.
1) Premier point de vigilance, la traçabilité. Les espèces sont aujourd'hui le seul moyen d'échange qui ne laisse aucune trace et ne dépend d'aucune autorisation.
Une monnaie centralisée et programmable rend, par construction, chaque transaction visible et archivable. La BCE met en avant des garde-fous, plafonds de détention, confidentialité des petits montants. Mais ces garanties reposent sur des promesses, non sur des verrous gravés dans la loi de façon durable.
2) Deuxième point, la programmabilité. Une monnaie numérique peut techniquement intégrer des règles d'usage : date de validité, restriction de certaines dépenses, fléchage géographique. On nous assure qu'aucune de ces fonctions ne sera activée. C'est probablement vrai aujourd'hui. Mais construire une infrastructure de contrôle suppose qu'elle puisse, un jour, être utilisée.
C'est ici qu'intervient la monnaie fondante. L'idée de Silvio Gesell, en 1916, taxer la détention de monnaie pour forcer la dépense, était inapplicable avec du papier. Avec une monnaie entièrement numérique, elle devient un simple paramètre. On pourrait imaginer une décote appliquée à l'épargne dormante, au nom de la relance ou de la lutte contre la thésaurisation. Pour l'épargnant prudent, ce serait une forme de prélèvement silencieux sur sa réserve de valeur.
La BCE peut ainsi vous dire, si vous n’avez pas dépensé telle somme avant un mois, cette somme disparaitra. Elle peut imposer des options d’achat, pénaliser certains investissements, vous serez piégé et contraint.
Le vrai débat n'est donc pas l'intention affichée aujourd'hui, toujours rassurante, mais la capacité technique que l'on met en place pour demain. Une fois l'outil créé, son usage ne dépend plus que d'une décision politique, prise loin du citoyen.
Défendre la coexistence durable des espèces, et exiger que les garde-fous soient inscrits dans la loi plutôt que dans des engagements révocables, me semble relever d'une saine prudence démocratique.
Utilisez le cash !!
Que faut-il faire ?
J'aurais tendance à dire:
- développer une éducation financière et économique pour tous, des jeunes aux adultes. Dans le cursus scolaire, aucune présentation des entreprises, de l'économie réelle ou de la gestion des actifs n'est présentée,
- investir dans des actifs tangibles, en évitant le cash dans les mois/années à venir
- privilégier les actions mondiales malgré les risques de change, et les actions "françaises" qui font la plupart de leur business dans le monde entier
Le niveau de connaissance de la sphère financière est très bas pour les jeunes adultes, contrairement aux pays anglo-saxons qui savent que les actions seront la pierre angulaire de leur future retraite, contrairement aux retraites françaises par répartition (les nouveaux entrants payent les retraites des plus anciens). Le problème c'est qu'en 1950 il y avait 5 travailleurs pour un retraité et qu'actuellement il n'y a plus que 1,3 actif pour un retraité. La parité va devenir intenable.
Si on baisse les retraites de 40% comme cela fut fait en Grèce, les français auront du mal à supporter ça !
Il faut prévoir les soucis futurs et envisager des sources de revenus différents, si on le peut.
Acheter son logement est sans doute le meilleur investissement de départ. Ensuite il faut placer nos excédents de trésorerie dans des actifs. Un actif représente tout bien négociable comme une action, de l'immobilier ou de l'or.
Je pense que des placements en actions bien pensés doivent permettre d'envisager un avenir plus sereinement, surtout pour sa retraite ou ses héritiers.
Il peut y avoir des cracks boursiers, des guerres, des instabilités politiques, des crises financières dans les années à venir, mais au bout du bout on assistera à une amélioration de l'économie et du monde dans lequel on vit. Les sociétés en sont bien conscientes, ce qui explique que Total s'oriente de plus en plus vers les énergies alternatives par exemple. Pourra-t-on utiliser de futures moteurs à hydrogène, peut-être, ce qui ne peut que favoriser toutes les entreprises de ce secteur.
L'Energie et l'Intelligence Artificielle seront sans doute de grands secteurs du futurs.
Au total il faut appréhender le monde qui nous entoure du mieux possible, ce qui nous permettra de mieux investir dans les sociétés du futur. Nous devons donc lire, apprendre et comprendre pour nous en sortir.
Les blocs mondiaux évoluent, et si on peut envisager le maintien d'une Amérique forte, il ne faut pas sous-estimer la puissance de l'Asie qui n'est pas un tigre de papier.
J'aurais tendance à faire confiance à l'Amérique et à l'Asie pour les années à venir, qu'on peut noter AA. Mes récents voyages en Asie m'ont montré le dynamisme de ces peuples. J'ai été étonné par Singapour, "la Suisse de l'Asie", à la population protéiforme.
Transmettons à nos enfants les savoirs d'aujourd'hui et les éléments de géopolitique pour qu'ils comprennent l'évolution des mondes et puissent gérer au mieux leur avenir.
Hong-Kong / Photo Matthieu Muratet
Historique
Ce n'est pas parce qu'un titre a beaucoup baissé... qu'il ne peut pas aller plus bas
Les actions, depuis longtemps
Je vous montrerai uniquement quelques actions au porteur que je possède, et qui reflètent un temps déchu.
C'était une autre époque, celle des colonies, des comptoirs de l'Inde, des débuts du cinéma et des mines de charbon. Tout a disparu et ne sont restés que ces témoignages de vieux papiers qui ne valent plus rien.
Une action des années 1900, avec les coupons devant être détachés pour percevoir les dividendes
Belle action de Pathé Cinéma, on a envie d'aller à la prochaine séance.
Plus sympathique que le trading hyperfréquence d'aujourd'hui, mais un peu suranné…